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"Cheikh" par Sylvain Rouzières

jeudi 9 décembre 2010 ,par Didier Lestrade

7 avril 2007

Lestrade ? Finalement…

Les livres de notre collaborateur Didier Lestrade sont à l’image des petits cailloux qu’il jette négligemment sur son terrain en Normandie dans le but avoué de mieux les retrouver lavés par la pluie : un peu mal polis au premier abord. Il faut donc attendre patiemment quelques averses et quelques lectures pour les débarrasser de leurs imperfections et mieux cerner l’essence de leur beauté. Retiré dans sa « maison du bout du monde  », Lestrade nous raconte dans « Cheick » sa découverte du philosophe homosexuel américain Thoreau, inventeur du concept de la désobéissance civile et de la décroissance, dont ce sont inspirés Ghandi, Martin Luther King et plus récemment José Bové. A travers une écriture impressionniste poussée à l’extrême, Lestrade invente le livre à développement durable dans une sorte d’écologie de l’homosexualité contemporaine. Il y recycle pèle mêle : les confidences de ses amis, la spiritualité, la politique, la séropositivité, la sexualité et la société de consommation - le tout intercalé entre les différentes phases végétales de construction/ déconstruction de son incroyable jardin.

Car pour Didier Lestrade tous ces éléments sont liés, comme la terre est liée à l’arbre, qui est lié à la feuille qui est lié au vent, qui est lié au ciel qui est lié aux nuages qui sont liés à la pluie qui tombe sur le toit de sa maison avant de retourner vers sa terre en passant par les fameux cailloux bien sûr. Il y a du Thoreau chez lui mais aussi du Scarlett O’Hara dans l’excès de ses colères, dans son côté midinette et l’attachement viscéral à ce paysage qu’il nous décrit avec amour parce qu’il le relie à ses racines. Nos racines ? On entre dans les livres de Didier Lestrade comme on va dîner chez lui, épuisé par l’homosexualité urbaine, pour mieux en ressortir lavé et recentré par la quiétude de son « Tara » comme Thoreau son « Walden »

Alors peu importe les thèses alambiquées et parfois impolitiquement correctes du livre, peu importe s’il ne structurent pas toujours assez ses intuitions souvent justes sur les homosexuels d’aujourd’hui, peu importe également son pessimisme tenace. Laissez filtrer en vous les mots de Didier Lestrade comme une pluie normande. Après avoir posé le livre et quelques couchers de soleil, vous allez ressentir un sentiment étrange. Vous comprendrez alors que ses mots ont semé une graine dans votre cœur et qu’elle a poussé à votre insu. La graine d’un arbre de vie dont les branches vous soutiendront durablement en vous permettant de résister et de désobéir aux sirènes d’une homosexualité dénaturée, menacée dans son essence par la consommation à outrance et un réchauffement sexuel trop souvent délétère.

Qui a dit que Didier Lestrade était si méchant ? Finalement…

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